L’évolution et la gravité de la gastro-entérite à rotavirus sont imprévisibles et l’état du patient peut se détériorer rapidement8.
Bien qu’au Canada, les décès attribuables à une infection par le rotavirus soient rares, ce virus demeure une cause majeure de déshydratation grave, nécessitant souvent une hospitalisation en raison d’une détérioration rapide de l’état du patient. Selon les estimations, l’infection par le rotavirus peut entraîner annuellement jusqu’à 56 000 consultations au bureau du médecin (intervalle de crédibilité à 95 % : 27 000 à 56 000), jusqu’à 27 000 consultations au service d’urgence (intervalle de crédibilité à 95 % : 9 000 à 27 000), et de ce nombre, jusqu’à 7 000 enfants de moins de 5 ans (intervalle de crédibilité : 4 200 à 7 000) sont hospitalisés10,*.
* On a estimé le fardeau épidémiologique et économique de la gastro-entérite à rotavirus au Canada au moyen d’un modèle mathématique regroupant diverses sources d’information. Les paramètres estimés étaient les consultations au bureau du médecin et dans un service d’urgence ainsi que les hospitalisations en raison d’une gastro-entérite à rotavirus, les journées de travail perdues par les parents/personnes soignantes et les dépenses personnelles.
Un programme de surveillance du Children’s Hospital Medical Center de Cincinnati, mené auprès d’enfants < 5 ans présentant une gastro-entérite a montré qu’il pourrait y avoir plus de décès reliés à la gastro-entérite à rotavirus chez les nourrissons qu’on ne l’avait d’abord estimé, parce que le type de gastro-entérite n’était pas déterminé et que le dépistage du rotavirus n’était pas effectué22.
Fardeau des infections nosocomiales par le rotavirus
Le rotavirus est une importante cause d’infections nosocomiales. En plus des infections asymptomatiques associées à la présence endémique du rotavirus dans les pouponnières, on note des éclosions d’infections nosocomiales symptomatiques associées à la circulation du rotavirus dans la collectivité3.
Selon une revue du fardeau des infections nosocomiales par le rotavirus, environ un quart à un tiers des patients qui présentaient une infection par le rotavirus au moment de quitter l’hôpital avaient été infectés pendant leur hospitalisation13,*.
La période de fréquence maximale saisonnière cause un surcroît de travail important aux médecins10,18,19.
*Selon une analyse documentaire de 13 études portant sur les infections nosocomiales par le rotavirus. Le nombre de patients présentant une infection nosocomiale par le rotavirus a été calculé comme le pourcentage du nombre total de patients présentant une diarrhée à rotavirus au moment où ils ont reçu leur congé de l’hôpital. Dans ces 13 études, ce pourcentage variait de 14 % à 51 % (valeur médiane : 32 %).
Statistiques à l’échelle mondiale
La mortalité reliée au rotavirus est importante à l’échelle mondiale, en particulier dans les pays en voie de développement. Les décès dus au rotavirus pourraient atteindre 600 000 par année23.
Dans un pays comme le Canada, le rotavirus est une cause majeure d’hospitalisation en raison d’une diarrhée chez les enfants. Selon les estimations, l’infection par le rotavirus peut entraîner annuellement jusqu’à 7 000 hospitalisations (intervalle de crédibilité : 4 200 à 7 000), jusqu’à 56 000 consultations au bureau du médecin (intervalle de crédibilité à 95 % : 27 000 à 56 000) et jusqu’à 27 000 consultations au service d’urgence (intervalle de crédibilité à 95 % : 9 000 à 27 000), mais les décès sont relativement peu fréquents.
Selon deux études menées au Canada, jusqu’à 78 % des enfants hospitalisés en raison d’une gastro-entérite étaient infectés par le rotavirus1,16,**,***.
** Dans cette étude, on a examiné les échantillons de selles de 565 enfants < 5 ans hospitalisés en raison d’une gastro-entérite entre décembre 1999 et mai 2000 dans sept hôpitaux non universitaires et spécialisés du Québec.
*** Les données de l’étude de cohorte, multicentrique, prospective PRESI (Pediatric Rotavirus Epidemiology Study for Immunization) ont été recueillies entre novembre 1997 et juin 1998 dans 18 hôpitaux de la région de Toronto. Les données concernaient 1 638 enfants < 5 ans hospitalisés en raison d’une diarrhée. Un examen prospectif des selles a été effectué dans un laboratoire central.