Les réinfections symptomatiques ou asymptomatiques par le rotavirus sont fréquentes. Cependant, leur gravité et leur nombre diminuent généralement après chaque nouvelle infection7.

Dans une étude menée par Velázquez et son équipe au Mexique, une cohorte de 200 nourrissons a fait l’objet d’un suivi hebdomadaire, de la naissance à l’âge de 2 ans, en vue de dépister une infection par le rotavirus7.

L’étude a montré que l’infection naturelle par le rotavirus conférait une protection contre l’infection de toute intensité, de la maladie asymptomatique à la diarrhée modérée ou grave7.

L’étude a aussi montré que la primo-infection déclenchait une réponse immunitaire protectrice partielle et que plusieurs infections pouvaient être nécessaires pour renforcer cette protection7. Le degré de protection augmentait avec le nombre d’infections et était plus élevé contre une maladie modérée ou grave après la deuxième infection7.

Protection conférée par une infection naturelle par le rotavirus

% ajusté d’efficacité après chaque infection
(IC à 95 %)*

*L’efficacité a été calculée comme le pourcentage de réduction du risque de cas particuliers d’infection comparativement au risque chez les enfants qui n’avaient pas encore été infectés.

IC = Intervalle de crédibilité

Cas particuliers d’infection par le rotavirus Après la première infection Après la deuxième infection Après la troisième infection
Diarrhée modérée ou grave 87 %
(55 % à 96 %)
100 % ------
Diarrhée légère 73 %
(50 % à 86 %)
75 %
(45 % à 89 %)
99 %
(-100 % à 100 %)
Infection asymptomatique 38 %
(9 % à 58 %)
62 %
(34 % à 79 %)
74 %
(17 % à 92 %)

D’après Velázquez, F.R. et coll.7

Il a été démontré que la production d’immunoglobulines A (IgA) sécrétoires spécifiques du virus au niveau de la surface de la muqueuse intestinale est d’une importance primordiale dans la protection contre l’infection par le rotavirus21.

  • On peut déceler des IgA spécifiques du rotavirus chez les enfants de 1 à 4 mois après une infection symptomatique9.
  • Des taux élevés d’IgA spécifiques du rotavirus dans les selles sont associés à une protection contre l’infection par le rotavirus9.

Immunité homotypique vs immunité hétérotypique

Comme il existe plusieurs sérotypes de rotavirus, une protection complète ne peut être généralement acquise qu’après un certain nombre d’infections7.

Selon certaines données, l’immunité acquise à la suite d’une première infection naturelle par le rotavirus est spécifique de sérotype; par conséquent, après une infection par un rotavirus d’un sérotype particulier, une personne peut encore présenter un risque d’infection par des rotavirus d’autres sérotypes8.

Dans l’étude de Velázquez auprès d’enfants ayant présenté deux infections par le rotavirus7,* :

  • La probabilité d’une réinfection par le rotavirus du même sérotype était beaucoup plus faible que celle d’une infection par un rotavirus d’un sérotype différent7.
  • Cette étude a aussi montré que plusieurs infections consécutives confèrent généralement une immunité élargie contre les infections naturelles par le rotavirus. De plus, le risque que la maladie soit grave tend à diminuer avec le nombre d’infections contractées7.

D’après Velázquez, F.R. et coll.7

On a déterminé le sérotype G dans 76 % des 177 souches de rotavirus décelées dans les échantillons de selles. Les sérotypes G ont été déterminés pour 22 paires de souches de rotavirus isolées au cours de la première et de la deuxième infection.

Dans 91 % des cas, les enfants avaient été réinfectés par un rotavirus d’un sérotype différent7.

* Une cohorte de 200 nourrissons mexicains a fait l’objet d’un suivi hebdomadaire, de la naissance à l’âge de 2 ans, en vue de dépister une infection par le rotavirus.

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